
Comme tous les étés, les grimpeur-se-s du treizième arrondissement viennent profiter de la relative fraîcheur estivale et des grandes voies d’Ailefroide. Le camping est une institution incontournable, et la semaine commence à être rodée. Le départ se fait pour une partie de l’équipe entre 6h45 et 7h chaque matin, c’est le prix à payer pour ne pas être les dernières cordées dans les voies. Pour l’autre c’est parfois 8h30. Le cahier du tarp consigne chaque jour les voies et les équipes choisies la veille, qui se notent au fur et à mesure dans les topos: « Fier VI cambre », « Songe d’une nuit de Sabbat », « Je ne courirai plus » (sic), « Ma qué seulement du 5 », « L’Arête à Francis »…

Anne a proposé l’organisation des cordées, qui veut que l’on change chaque jour de partenaire. Luc dispense des conseils, quand il n’emmène pas prestement au pied des voies par les chemins qu’il connait par cœur, c’est-à-dire à la vitesse d’un sorcier sur son balai.


L’hélico vient trop souvent chercher des grimpeur-se-s coincé-e-s au sommet des voies, heureusement nous n’avons pas requis ses services. Pour autant, la semaine remplie a connu son lot de bobos (un doigt blessé, un steak consécutif à une chute sur les dalles à friction, tous deux pourtant consécutifs à des réussites honorables dans des 6b demandeurs), dont les victimes se remettront, nous l’espérons, très vite. Chutes d’autant plus mémorables qu’elles n’ont pas toujours lieu dans le dur, mais sur ce caillou qui induit une proprioception particulière entre la pose de pied et la progression en équilibre, auquel les diplômés d’Etat ont associé la fallacieuse cotation 2D: 2 pour donné. D pour difficile ou pour dur? Ailefroide c’est facile et dur en même temps, et c’est du bon temps.

Gomme usée. Glaces fréquentes au sein des jardins et tables locaux, le sorbet au cassis l’emportant au point de se retrouver en rupture de stock. Beau temps, bonne neige, même si elle ne viendra que dans quelques mois.

Récit par Jean-Baptiste
