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Virée en mode planeur dans le Beaufortain

Tout commence en profondeur dans les sous-sols du métro parisien, avec une paire de ski sous le bras, des chaussures autour du cou et des pardons par-ci par-là, quand on en shoote un dans les couloirs…

Passage obligé avant de s’élever dans les hauteurs et s’enivrer de l’air frais des cimes ! 

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C’est-à-dire qu’en ski de rando, on ne se dit pas « tiens, si je partais demain matin me faire une descente ?! ». Ah non ! Avant ladite descente, sont au programme :

  1. une fastidieuse semaine de collecte des ARVA-PELLE-SONDE, chaussures, skis, couvertures de survie, fruits secs, piles…. (et j’en passe !) aux quatre de coins de Paris. Spéciale dédi @Elsa qui nous a résolu des équations du 3ème degré pour trouver du matos pour tout le monde dans différents clubs !
  2. une traversée de la Gaulle en minibus ou bagnole (et train pour les vainqueurs), malgré les incroyables déluges de neige sur toute la France
  3. une nuit inoubliable de chaleur et de convivialité au F1 de Grenoble
  4. un gros squattage de parking pour réglage et check-up des pièces citées en point 1.
  5. Un habillage puis déshabillage dans la montée d’un nombre incalculable de couches de vêtements
  6. Une belle montée sous un ciel timide…. marquée par la présence d’un passager clandestin : l’accordéon de 11kg, qui a eu la bonne idée de se cacher dans le sac le plus lourd. Un grand bravo à la team accordéon, qu’on retrouve tardivement et séchée en haut de la montée !
  7. Une récompense unique dans le week-end : la vue sur la Pierra Menta qui triomphe parmi les nuages
  8. Un picnic au le refuge de la Balme – qui sera notre QG pour les 3 jours à venir, encore chaud, propre et libre comme le vent.
  9. Une petite montée du refuge vers le col de la Charbonnière dans l’après-midi toujours dans les nuages !
  10. Puis, comme vous l’attendez tous avec impatience depuis le point 1. => la descente dans la poudreuse (et les nuages !). On n’y voit rien, on est sur la lune, on descend en apesanteur. C’est beau !

Bon, après que la journée initiatique de ski de rando s’achève, les choses sérieuses commencent. Le déballage des sacs permet de constater qu’on a monté une quarantaine de bières, en plus du rhum et du vin. Les cacahuètes et les délicieuses nouilles chinoises débordantes de chorizo peinent à absorber tout l’alcool. L’anniversaire de Maxime et Robin est fêté à tambour battant et la soirée se transforme en vrai teuf, accompagnée de trompette et d’accordéon !

À minuit, l’eau se fait rare… aïe aïe aïe, les festivités nous ont fait oublier de faire fondre la neige !

Départ groupé le lendemain au petit matin avec un temps instable (et une petite gueule de bois), couvert, voire un peu venteux et neigeux. On monte tous au refuge du Presset, en file indienne espacée. L’arrivée est un peu glacée, et certains doivent déchausser pour finir ! Nos petits bouts de nez et de pied sont congelés en arrivant au Presset. Le vent siffle et les flocons fouettent. Vous imaginez avec quelle excitation on trouve le Presset chauffé, vide, accueillant… splendide ! Les débats vont de bon train pendant le déjeuner : on continue à monter ? on descend chercher nos affaires et remontons dormir au Presset ? un petit groupe va chercher la bouffe et les autres jouent au ping-pong… on fait un igloo ? des recherches d’arva ? ohlala tant d’options ! Non sans peine, nos accompagnateurs chéris décident finalement de piqueniquer dans le refuge (gros squattage) et de faire les entraînements de recherche d’arva en contre-bas du Presset avant de redescendre à la Balme en milieu d’après-midi.

Les résultats des tests de recherche multi-victime-sac-à-dos à l’ARVA sont très inégaux selon les équipes… George est sauvé en 7min30 alors qu’Hubert décède dans le froid au bout de 25min. On remarque surtout que c’est très handicapant de laisser son sac en haut, en particulier quand on a oublié d’en sortir la sonde… Bref, il y a encore du travail.

Redescente prudente en file indienne dans la purée de pois. A priori on a perdu personne dans la bataille, heureusement qu’on a des bons bergers qui nous accompagnent et prennent soin de leur brebis, même quand elles mangent la neige.

De retour au Refuge de la Balme, Robin nous quitte pour rentrer à Paris. Alors qu’on le voit s’effacer au loin dans le brouillard, l’équipe amoindrie de 2 bras se lance dans la construction d’un GIGANTESQUE IGLOO ! Plus de 15 tonnes (chiffre de l’AFP – a priori sous-estimé) de neiges entassées, puis décaissées par en dessous à coup de pelles… On ne pourra pas dire qu’on s’est pas entraîner au pelletage ! Quel boulot ! Après quelques heures de travail en mode goulag, le voilà tout beau tout prêt... Notre igloo. Notre boîte à rêve. Il fait 2m de haut et 4m de diamètre au bas mot. Il a un banc en neige sur son pourtour et son plafond est translucide. L’excitation monte. Tout le monde se prépare en enfilant sa plus belle tenue de soirée (quadruple épaisseur de pull, moufles sèches, bonnet classy…), et en préparant des caisses de bières, les cacahuètes, le saucisson, la sono…

Nous y voilà, tous ensemble – à 17 – dans l’igloo, en train de se siffler des bières. Après quelques gorgées… on papotte, puis après quelques autres gorgées, on chante, puis on danse… puis on pogotte ! Dans l’excitation de « la danse des canard » et de la « balle au centre (Ariane au centre est le point de passage obligatoire de toute canettes de bière !) », l’oxygène se fait rare dans notre cher igloo. On décide d’y faire un trou. La tête du premier venu fera office de bélier pour entamer la paroi solide de l’igloo et faire arriver l’air… ! Quand nous vient alors l’idée de faire décoller la fusée Ariane en directe live depuis l’igloo. La folie est à son comble, on lance contre le plafond tous les volontaires pour ouvrir la voie à Ariane. Quand enfin, on voit le ciel (désolé pour le 1er qui est passé à travers et s’en ai vraiment pris plein la figure !), on attrape Ariane…. 3, 2…, 111111111…… whoooooooh ! la voilà expulsée de l’igloo par le haut, elle vole !! Une grande victoire pour toute l’équipe. J’épargne au lecteur la suite des évènements (qui consiste à envoyer tout le monde en l’air et achever les parois de l’igloo à coup de pogo…). Et sans transition, tous fous, on rentre au refuge pour se sécher (parce que la tenue de soirée est vraiment trempée !) et attaquer le dîner dans une ambiance bien festive pour des ski-de-randonneurs… ! Hommage aux chasseurs alpins qui partagent le refuge avec nous et tolèrent musique, hurlements, blagues grivoises et bruit de vaisselle jusqu’à minuit passé !

On se lève tôt le lendemain pour attraper les premiers rayons de soleil avant que cela ne se bouche car la météo se dégrade de jours en jours. Mais on temporise pendant le petit déjeuner. Il a neigé toute la nuit (il faut prendre la pelle pour aller aux toilettes !), il neige encore, on voit à 30m max : condi cata. La journée sera donc une prudente descente en randonion-glaçés (nos affaires n’ont pas séché !). Mais arrivés en bas, à quelques centaines de mètres du parking, le soleil surgit. La vue se dégage sur tout le versant d’en face. Elsa nous insuffle l’envie d’une dernière ascension avant les galères de parking, voiture et autoroute. On part (presque tous) plein Est sur une épaule du dôme de Vauguelaz. La lumière est splendide, le froid mordant… et la neige plaquée à certains endroits. La prudence est d’ordre car il a beaucoup neigé et les pentes raides sont très peu engageantes. À la descente, on passe 1 par 1, ce qui nous permet d’admirer précisément les godilles (ou les chasse-neiges) de chacun.

Au retour sur le parking, c’est à nouveau la valse de matos (en plus de quoi un hélico qui atterrit et nous recouvre intégralement de neige !). Le godet ( ; de l’amitié à Aime City-center ne sera pas long, mais plein d’émotions. C’est l’heure de se quitter, de se remercier pour les magic moments, d’aduler Elsa, Robin et Adam (les encadrants), de se dire à bientôt ; à la verticale ou à l’horizontale (autour d’une bière, pas de malentendu !).

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